Accompagner son enfant dans ses apprentissages – 5 règles à connaître

Accompagner son enfant dans ses apprentissages – 5 règles à connaître

Tout parent souhaite que son enfant puisse intégrer les apprentissages fondamentaux , construire son avenir professionnel sereinement et réussir sa vie d’adulte et de citoyen.

Que l’enfant soit scolarisé ou instruit en famille, les parents ont à cœur d’accompagner au mieux l’enfant dans ses apprentissages.

 

Voici, selon la pédagogue Elisabeth NUYTS, auteure notamment de L’école des Illusionnistesprix Enseignement et Liberté 2002, les 5 conditions propices à la mise en place des apprentissages fondamentaux.

 

 

  1. L’intégration des informations sensorielles

On pourrait penser que de bons yeux, de bonnes oreilles et des mains suffisent pour explorer suffisamment le monde … mais il n’en est pas ainsi. En effet, ceux-ci ne sont pas suffisants : encore faut-il établir des connexions pour bien percevoir le monde. Chez les enfants, ces connexions s’effectuent par le langage : en effet, le langage permet l’entrée, le traitement et la mémorisation des informations. Autrement dit, il faut habituer son enfant à mettre en mots ses perceptions. Comment ? En le faisant nous même 😉 

Dès son plus jeune âge, prenons donc l’habitude de parler à notre bébé de ce qu’il voit, ce qu’il entend, ce qu’il touche, ce qu’il manipule, ce qu’il fait, ce qu’il sent … En tant que parents, nous sommes les intermédiaires sécurisants entre le monde et notre enfant ; c’est donc à nous d’attirer son attention sur son environnement (le tout jeune enfant a une perception trop grossière pour en profiter seul). Multiplions les « discussions » avec nos tout-petits.


Ensuite, quand notre enfant est plus grand, n’hésitons pas à répondre à ses questions, même si cela nous prend du temps. Il va s’interroger sur son environnement, par exemple « pourquoi la machine à laver ne fait pas toujours le même bruit ? ».

 

 

  1. La prise adéquate des repères spatio-temporels

Dessus, dessous, entre, dans, sur, sous, contre … sont des mots que nous devrions utiliser quotidiennement, dans nos conversations ou lors de jeux avec notre enfant (« oh tu es sous la table ! », « donne-moi la cuillère qui est entre l’assiette et le verre STP »).

Veillons à ce que notre enfant connaissance parfaitement son schéma corporel : son espace à lui puis vers l’extérieur. Par exemple, demandons lui de se toucher le visage et le décrire.

 

Plus tard, quand il commencera à savoir les lettres, jouons aux « lettres au sol » : jeu consistant à reconnaitre quelle lettre a été écrite pour le mouvement du corps : « fais un pas à gauche puis deux pas en haut, quelle lettre obtiens-tu ? Le « L », bravo ».

Quand on parle, lorsqu’on arrive à la fin de la phrase, le début est déjà dans le passé : le discours s’inscrit ainsi dans le temps. Veillons donc à nos formulations. Par exemple, veillons à utiliser les bons temps (en conjugaison). En effet, l’utilisation du présent devient de plus en plus courante pour décrire une situation passée, par exemple « hier j’ai parlé à mon patron ; alors, j’arrive dans la pièce et je dis …. ».

 

 

  1. La compréhension fine

Ecouter, imaginer, faire des liens : voici les clés de la compréhension. Alors lisons, même mieux, racontons des histoires à notre enfant, le plus fréquemment possible (idéalement tous les soirs) avec le ton et les mimiques appropriées. Avant 4 ans, les enfants peuvent regarder les images mais au-delà, demandons-leur d’imaginer l’histoire en passant par chaque détail de la scène.

Lisons à voix haute de petits textes porteurs de sens et arrêtons-nous souvent pour faire reformuler notre enfant et lui faire analyser le texte.
Pourquoi ne pas jouer aussi aux « phrases loufoques » et demander à notre enfant de trouver l’erreur, comme par exemple dans la phrase « En plein été, le crocodile plongea dans la glace » ?

La télévision voit pour nous, réagit pour nous …. Ce n’est donc pas du tout le même travail de compréhension. Elisabeth Nuyts préconise de ne pas exposer les enfants devant les écrans avant 3 ans minimum.

 

 

  1. La mémorisation à long terme

La mémoire à long terme se construit en établissant des liens logiques et chronologiques entre les informations, or ceci prend du temps. Chaque apprentissage doit donc commencer par une phase de « travail lent et détaillé ». Nous n’avons pas appris à conduire en allant directement sur l’autoroute, il en est de même pour notre enfant.

Pour chaque apprentissage, prenons le temps de détailler chaque étape et d’en expliquer la raison afin que notre enfant apprenne en conscience et non de façon instinctive (certes rapide mais non mémorisée) : quels sont les causes, conséquences, buts, conditions, oppositions, hypothèses etc ?

Certains enfants ont besoin, au moment des premiers apprentissages, de parler pour voir, parler pour manipuler, parler pour penser, parler pour dessiner, parler pour compter … laissons-les donc PARLER !

Si lors de l’histoire du soir, nous nous rendons compte que notre enfant n’arrive pas à analyser ou reformuler le texte, peut-être n’a-t-il pas assez de mémoire à long terme. Donc arrêtons-nous plus fréquemment, à chaque phrase au début si besoin. Posons lui des questions aussi souvent que l’état de sa mémoire le nécessitera.

 

  1. L’expression libre de sa propre pensée

Même si ca lui prend du temps, invitons notre enfant à parler. Oublions la télévision le soir pendant les repas afin de pouvoir parler avec notre enfant, échanger, discuter.
Le soir, entrainons-nous à nous remémorer un moment heureux de la journée, dans le détail, en respectant la chronologie fine des éléments et en y cherchant des repères. Plus grand, invitons notre enfant à écrire un journal intime.

Des jeux, des histoires, des conversations quotidiennes … vous avez vu, ce n’est pas difficile voire c’est même agréable de construire l’évocation, l’attention et la mémoire auditive de notre enfant dès la petite enfance ! Les mots pour en parler sont parfois compliqués mais les actions à réaliser sont toutes simples, alors allez-y ! 
Et … si besoin … sachez qu’il n’est jamais trop tard 😉

 

Par Nelly ROUSSEAU
Coach en orthographe et en techniques de mémorisation

www.defi-orthographique.com

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